Gabriel Yacoub à
Saint-Saulve – 19 mars 2008

Ah, on les
attendait ces chansons nouvelles de notre Gabriel. A chaque concert, on les
guettait comme le retour du printemps après un hiver trop long ou celui
d’un navire ramenant à terre un être cher. Certes, ceux et celles qui
avaient pu assister aux concerts donnés au Studio de l’Ermitage, à Paris,
en novembre 2004, eurent la chance d’entendre trois de ces chansons
nouvelles, « Le café de la fin du monde », « Un des deux en l’air » et «
Tout est là ». Mais depuis, rien. Alors voilà, il aura fallu patienter
jusqu’à maintenant pour réentendre ces trois chansons, et d’autres
encore. Et pour cause ! Car, enfin, après sept ans d’attente, le nouvel
album de Gabriel, « De la nature des choses », paraîtra prochainement, le 24
avril pour être précis, avec quatorze titres à son bord. Du coup, exit les
anciennes chansons, place aux nouvelles ! Eh oui, en plus des trois « vieilles
nouvelles chansons » déjà citées, sept de plus ont fait leur apparition. Citons
pêle-mêle « Il aurait dû », « Elle disait », « Souvenirs oubliés », « Un jour
je me suis fait poète », « La belle anversoise » ou encore « Avant que de
partir ». Bref, à Saint-Saulve, comme depuis quelques concerts récents auxquels
je n’ai malheureusement pas pu assister, c’est donc dix chansons du
nouvel album qu’on a pu écouter. Et qu’elles sont belles ! Gabriel
nous dit qu’elles sont aussi plus personnelles. Toujours est-il que
l’arrivée sur scène d’autant de chansons fraîches n’est pas
sans changer la physionomie de ses concerts. Il a de ce fait inauguré le
concept très étudié de « chanson à lunettes » en opposition au concept plus
ancien mais encore sans nom de « chanson sans lunettes ». Expliquons. Comme il
ne connaît pas encore bien ses nouvelles chansons, il les chante en lisant au
besoin ses notes après avoir mis les fameuses lunettes en questions. Pour les
anciennes chansons, pas besoin de lunettes, vu qu’il les connaît par
cœur. Mais bon, vous imaginez le stress que représente pour un chanteur,
même chevronné, de chanter dix chansons nouvelles. Alors, au début du concert,
on place bien les notes devant soi. Puis on cherche une page qu’on ne
retrouve plus. Ensuite les feuilles tombent. Donc on les ramasse. Mais quand on
veut les lire, c’est alors qu’on s’aperçoit, trop tard,
qu’on a mis les pages à l’envers. En résumé, en plus de
l’émotion d’entendre de très belles chansons, il y eu aussi pas mal
d’éclats de rire. Oui, ce fut un concert décontracté, à la bonne franquette,
comme sait si bien les faire notre Gabriel. Là, il était en trio avec ses deux
fidèles complices, Yannick Hardouin à la basse et au piano, et Gilles Chabenat
à la vielle à roue. Mais bientôt, le 27 mai, il donnera un concert exceptionnel
à Paris, au Café de la Danse, où cette formule en trio sera renforcée par le
quatuor de cuivres qui a joué sur le nouvel album. Ce sera un concert à ne
vraiment pas manquer. Bien sûr, j’essaierai d’y être…
© Frédéric
Gerchambeau
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